Lien entre sentiment de culpabilité et perfectionnisme


12 Jun
12Jun

Lien entre sentiment de culpabilité et perfectionnisme chez l’ennéatype 1


La base de la personnalité de type 1 repose sur un centre instinctif préféré, un endroit dans sa vision du monde où elle est en mesure de garder la maîtrise d’elle-même, de conserver sa puissance sur elle-même.
Face à un stress dû à une situation incompréhensible ou face à un constat d’impuissance, la culpabilité ou le sentiment de culpabilité intervient.

Pourquoi ?

Si une personnalité de type 1 subit une agression injuste ou incompréhensible, sa vision du monde n’est plus qu’impuissance, incertitude et incompréhension. Pour un type dont les valeurs morales sont à la base de la construction de son identité, c’est un gouffre insupportable et angoissant. L’ego intervient alors muni d’un antidote puissant : la culpabilité. Se culpabiliser redonne un sens à sa vie, une impression de contrôle et de certitude. Si la personnalité de type 1 avait réagi autrement, elle aurait pu éviter… Le mental humain arrive toujours à trouver une explication à ce qu’on ne peut pas expliquer. Se sentir coupable lui permet de garder une sensation, un semblant de contrôle afin de cacher ce sentiment d’impuissance face à la souffrance subie.

Le sentiment de culpabilité que ressent la personnalité de type 1 ne repose pas nécessairement sur une réalité. La plupart du temps, il est imaginaire. La personnalité de type 1 passe le plus clair de son temps à écouter un critique intérieur qui juge tout. Comme dans un double je, le critique accuse, et une autre part de la personnalité se justifie.

Par exemple :
Le critique : « Tu n’as pas fini ton travail »
Le justificateur : « je trouve que cette partie n'est pas suffisamment bien faite. J'ai besoin de temps pour la refaire. »
Le critique : « Tu es trop lent »
Le justificateur : « parce que je veux que ce soit bien fait.» —> Perfectionnisme
Le critique : « Crois-tu que c’est bien faire que de ne pas finir son travail ? » (La plupart du temps, le critique intérieur tient un langage bien moins châtié…)
Le justificateur s’incline : « non c’est pas bien » —> Culpabilité enclenchant de la colère vis-à-vis de soi.

Face à cette culpabilité, la personnalité de type 1 peut se figer dans une perte de désir, une souffrance réelle qui dévitalise et interdit l’accès à une vie libre. Avec ces sensations, il lui est impossible de finir ce qu’elle voulait faire, ou le faire au prix d’un accroissement de la souffrance. Tout cela dans le but de ne jamais remettre en question la problématique du perfectionnisme.

Ces dialogues sont plus ou moins conscients, et si on y prête attention, on se rend compte qu’ils sont incessants. Quand le stress devient chronique, la personnalité de type 1 s’enferme dans un sentiment de culpabilité sans savoir ni pourquoi, ni d'où elle vient et ce qu'elle veut dire. En conséquence, elle porte un poids dont elle ne connaît l’origine. Les douleurs corporelles se font de plus en plus intenses, les mâchoires peuvent-être serrées en permanence, les muscles tendus et l’anxiété, omniprésente sans être totalement consciente.

Un deuxième mécanisme vient renforcer le sentiment de culpabilité lié au fonctionnement psychologique de la personnalité de type 1: la colère, dont l’expression sera en grande partie refoulée, gardée en elle-même, rongeant la personne encore davantage.

Bien entendu, la culpabilité et le sentiment qui en découle n’est pas l’apanage de la personnalité de type 1. Ainsi, tout le monde peut ressentir de la culpabilité, mais pas nécessairement de cette manière et à cette fréquence.
L’Ennéagramme permet ces prises de conscience et donne les moyens d’agir afin que la personnalité de type 1 vive une réelle prise de distance face à ces mécanismes et puisse vivre ses qualités essentielles à la place.


Caroline Charpentier pour Activ'Conscience, le 12 juin 2020.

Crédits photo : Sander Weeteling sur unsplash.com


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